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Quand on n’a pas le choix

 

J’étais coincé là depuis neuf mois paraît-il ! Je veux bien le croire mais, de vous à moi, moi, tout ce dont je me souviens très bien, c’est les trois derniers mois. Parce que là, j’ai des preuves.

Comment ça des preuves ? Vous seriez bien le seul. Le seul ! Non pas, c’est tout simplement que mes preuves vous dérangeraient parce que vous ne croyez que ce que vous voyez ou entendez, donc ce vous avez vu, ou lu, ou entendu, persuadés que seule votre propre expérience compte et que vous continuez à juger les autres en accord avec les limites que vous vous êtes imposées, votre Libre Arbitre.

Mais, là, encore une fois je vous entends penser. Vous allez me dire : "C’est toujours pareil avec toi, tu pars d’un sujet très précis et tu dérailles". Qu’en est-il du : "y aller ou pas". Rassurez-vous, j’y viens.

Pourquoi vous parler des trois derniers mois ? Parce que c’est le moment précis où les bruits entendus très tôt se sont transformés en pensées et mots que je comprenais. En particulier, une voix forte qui m’a fait comprendre que je n'étais pas le bienvenu.

J’ai senti la division, la douleur même, dans cette autre voix qui ne répondait presque jamais. Mais c’était violent. Et en plus, quand mon transport s’est mise à courir et à débouler dans ce que j’appris plus tard être des escaliers, je me suis dit que j’avais de la chance d’être dans toute cette eau et qu’elle me protégerait peut-être un peu de conséquences désastreuses dans le futur.

Enfin vint le jour où dans un grand branle-bas de combat, eux contre moi, il a été déclaré que je devais sortir, pas de choix, quand il faut y aller il n’y a pas de : "pas maintenant, pas aujourd’hui, pas immédiatement", il n’y a pas de PAS.

Eh bien, croyez-moi, sortir a été difficile et comme un bon plongeur, moi, sous marinier depuis neuf mois, je suis sorti tête première.

Je suis sorti yeux grand ouverts, m’a-t-il été rapporté, vous comprenez bien que n’en étant pas à ma première expérience, garder les yeux ouverts sur l’environnement, c’est ce qui vous sauve.

Après être sorti j’ai poussé un cri. Non pas un cri de joie mais un cri d’effroi. Ça alors ! me voilà donc revenu, une fois encore, là où la dernière fois ça s’était très mal passé. Parce qu’après toutes ces expériences de vie, certaines atroces, j’espérais bien que c’en était fini. Mais non, et les souvenirs remontant en surface j’entends encore cette voix très lointaine et très faible qui me dit d’y retourner parce que j’ai encore quelque chose à comprendre. Quoi me demandez-vous ? C’est bien trop personnel pour que je vous le livre par écrit mais un jour prochain quand nous nous retrouverons, si vous y tenez je vous raconterai. On m’a dit de réfléchir à ce que j’étais venu chercher la dernière fois. Bon si je suis là c’est bien évidemment que je n’avais pas trouvé. Mais cette fois, c’est promis j’y vais et je vais trouver la raison de ce retour. Beaucoup d'yeux me regardent. Bonjour tout le monde, bonjour maman. On m’avait annoncé un papa, mais il n’est pas là.

Londres le 15 Mars 2021

 

 

 

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